J'ai découvert une nouvelle région du Mali, la région de Kayes.
Ce week end, je suis partie à Manantali afin d'assiter à un festival de musique, voir le barrage et son potentiel en ressources halieutiques pour le boulot. Ce voyage a pu se faire grâce à une énorme incruste dans la délégation du Ministre de l'environnement car je me suis glissée dans la voiture du PNUD, organisme pour lequel travaille Dominic. Nous sommes partis 5 jours, et vous pouvez imaginer que ce fût un voyage riche en souvenirs et très instructif. Je vais essayer de vous le faire partager du mieux que je le peux. Le programme était dense et le rythme soutenu...
Donc, nous sommes partis vendredi matin du ministère où tout le monde a cru que je travaillais également pour le PNUD. Direction Manantali (5 heures de piste) pour assister à un festival régional avec des artistes du Mali, de la Mauritanie et du Sénégal. Nous sommes allés au concert vendredi soir, c'etait sympa mais pas non plus extraordinaire...

Le barrage de Manantali
La délégation sur le barrage
Le samedi matin, nous sommes partis à Bafoulabé (2 heures de piste) car le Ministre devait rencontré des associations de femmes qui travaillent sur l'assainissement, la récolte des déchets, ... De là, nous sommes retournés à Manantali (encore 2 heures de piste) pour que le Ministre participe à une conférence sur l'environnment. Tout de suite après, vers 14h, nous sommes partis pour le village de Magadougou, dans la réserve du Bafing (3 heures de piste). L'objectif était de rencontrer les populations locales et les membres du comité de surveillance de la réserve pour faire le point sur la situation, les besoins et remotiver les troupes. La gestion de cette réserve est faite par des comités villageois qui patrouillent et il est donc important que les populations locales adhèrent au principe de réserve et aux contraintes que cela implique. Dans cette zone, on trouve encore des chimpanzés et la faune était très riche avant. L'objectif est de faire revenir les animaux pour développer l'éco-tourisme et donner ainsi des alternatives de développement respectueuses de l'environnement aux populations locales totalement enclavées. Nous avons laisser du matériel pour le comité d'un autre village puis nous sommes rentrés à Manantali vers 22H et sommes allés voir la fin des concerts.
Remise de vélos, uniformes et rangers par le Ministre
Le dimanche, nous sommes partis vers 8h pour le village de Lamakolé dans une autre partie de la réserve du Bafing, le dernier village avant la frontière avec le Guinée (près de 6 heures pour arriver, la faim nous tenaillais...). Là, encore une réunion avec le maire et les vieux du village pour définir leurs problèmes et les beosins immédiats. C'était la première fois qu'un Ministre venait les voir et ils avaient des besoins en tous genres (dispensaire de santé, puit, route, ponts, ...). Les groupements de femmes aussi étaient très actifs. De là, nous sommes repatis sur Kita (3 heures de piste) et sommes arrivés à 22H à la CMDT (Compagnie qui exploite le coton au Mali) où un bon repas nous attendait.
Le lundi, nous sommes partis dans la réserve du Baoulé, au nord de la réserve du Bafing. Dans cette zone, il y a 20 ans encore, on pouvait voir des lions, des girafes, des chimpanzés, ... mais maintenant, il n'y a presque plus rien à cause de la pression humaine, du braconnage, des transhumans, de la sécheresse, ... Le paysage n'en reste pas moins splendide. Cette réserve n'est pas gérée par des comités villageois mais par les services techniques des Eaux et Forêts. Après des années de désintéressement du gouvernement, et donc une réserve à l'abandon, les choses semblent évoluer vers une préservation efficace avec la mise en place de miradors pour surveiller le braconnage, et la future installation de radios pour une meilleure communications entre les différents postes et le contrôle des transhumans. Nous sommes allés voir des points d'eau asséchés ou presque afin de déterminer les meilleures solutions pour que les mares survivent à la saison sèche et que les animaux aient de l'eau toute l'année dans la réserve. Nous avons dormi en brousse lundi soir (mais avec un minimum de confort quand même, Ministre oblige...) et nous somme rentrés à Bamako mardi en début de soirée après être alllés voir une autre mare.

Mare de la réserve du Baoulé en cours d'assèchement

Mare asséchée de la réserve du Baoulé, faut la recreuser ou construire un petit barrage?
Ce fut un week end vraiment passionnant, d'une part par les paysages que nous avons vu, mais aussi par tout ce que nous avons appris en matière d'environnement, de gestion communautaire, de décentralisation des compétences, ... Et j'allais oublié, on a vu une troupe de babouins quand même!!!
Voilà, je vous mets encore quelques photos, juste pour le plaisir.
Village entre Manantali et Kita, le courant passe mais ne s'arrête pas...
Jeux des enfants dans le village de Magadougou
Que serait un village africain sans son baobab???
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